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Les mains dans le sable
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25 juin 2007

Still

Desir

Je ne me sens d'aucune légitimité auprès de toi. 'La légitimité c'est une loi. En quel nom? Quelle loi avez vous choisi?' m'a-t-elle dit.

Au fond de moi je ne me sens d'aucune légitimité dans ce monde là. Ni amoureusement, ni familialement, à peine amicalement et artistiquement. Partout où il pénètre, mon corps arrive en s'excusant. Sans signes des désirs extérieurs (quels qu'ils soient), ce que je suis, dit, fait, ne trouve plus aucune légitimité à se dire, à se faire, à se dévoiler. Je cherche les avals silencieux, et les sentir libère mon corps et mes mots, fais couler mon essence, fais frémir mes sens, fait jaillir mes sentiments. J'ai eu l'illusion il y a peu de temps de trouver ma pleine confiance mais j'ai en fait accepté de la laisser grandir là où (je croyais qu')on lui laissait la place. Mais si on m'oppose du vide le vide répond, la destruction répond, les vagues douces et silencieuses du rien, il résonne comme une boîte vide qui me colle à la peau à en crever et que j'ai seulement su dompter et cacher au fond d'un tiroir. Ce vide a le goût de l'absence, l'absence de peur a remplacé la peur, l'absence de tout a remplacé la peur. Partout mon corps entre en s'excusant - sais-tu que ma respiration est silencieuse quand je dors, que les gens croient parfois que je ne respire pas? Même mon souffle peine à se faire entendre.

J'ai peur à en crever de te désirer parce qu'encore maintenant rien en moi ne peut croire que je suis désirable, même si tu étais autre, même si tu répondais à chacune de mes fausses peurs et chacuns de mes lâches obstacles, même si chaque absurdité soulignée m'échappait des doigts, je continuerais à croire que je ne peux recevoir ton attention, que jamais mon corps de jeune femme ne viendrait imprimer ton oeil, que jamais tes mains ne se surprendraient à venir hanter ma peau. Je veux bien prendre une arme, je veux bien tuer la peur là où elle est née, mais j'ai perdu de vue mes fantômes, il n'y a que des visages qui ressemblent au mien.  Les luttes qui m'attendent risquent de te griffer, j'essaierai de ne pas trop t'aimer et de ne plus me haïr - et j'avais écris les luttes qui m'entendent - Cette culpabilité irraisonnée qui vient crocheter mon ventre et tuer l'amour dans l'oeuf avant même que j'éprouve le plaisir de sa naissance, de ta naissance, de la mienne aussi - avant même que j'enfante ne serais-ce que du désir, je m'abandonne aussitôt et me laisse mourir à la porte des maisons. Quand est-ce que tout ça cessera? (après toi?)

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Commentaires
G
De liens en liens j'arrive ici et... parfois le hasard du Net fait tomber sur des mots que l'on porte sans trouver à les formuler. Merci.
O
totalement égoïstement et indifférente à l'humanité entière, je le prend!! (et vlan, dans les dents mouhaha)
P
à toi (rire) (pas à l'humanité entière) - bon j'ai voulu jouer les réveillées, hein
P
je fais un gros bisou
O
Oui... je n'ai pas tellement aimé le relire... Après tout, il naissait du silence et y est revenu, hein...;) (ça me rapelle ton 'résiste', un beau texte que tu avais effacé en janvier je crois, ou décembre...)
Les mains dans le sable
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