ce drôle de goût de cendre
Ce n'était pas prévu. J'étais loin, comme quand l'on regarde ailleurs si l'on croise la défaite, plus tellement les mots à revenir, plus vraiment la tête à parsemer mes petits bouts de vagues, de vent, de sable. Puis j'ai flotté un peu près des îles, les autres, les vôtres... touchée, secouée, sourire, silence.
Parfois l'envie puissante de soutenir, de soulever. Mais que dire, comment dire, esprit embrumé et un peu égaré dès qu'il revient sur ses terres où les questions poussent comme la mauvaise herbe, petit poison à feux doux.
Parfois l'envie rugissante de contrer, les colères, les mots qui blessent de certains lecteurs insensibles ou aveugles, mais non, à trop essayer de rester soi même les yeux ouverts et le coeur attentif, tantôt la force le soulève tantôt la lassitude nous fait perdre la partie comme une tricheuse insoupçonnée.
Et pourtant, messieurs les mots, à la vie imprévisibles, viennent frôler mes murs et se faufiler dans mes mains, et en une seconde y aller deux secondes tout envoyer chier trois secondes retrouver quatre seconde s'imaginer noyé cinq secondes si belle, si belle.... six, sept, huit, neuf........................... Sait-on vraiment saisir un jour le mot juste, celui que l'on découvre et que l'on sert de toutes ses forces, celui qui nous fait croire que l'on a trouvé la chose précieuse, celui qui nous dit que ça vaut le coup de se prendre des coups si l'on trouve l'or là au fond. Qu'on a compris. Que ça va aller mieux.
dix, onze, douze...........................
Et l'envie enivrante d'être debout, poing fermés serrés pensés, corps solide et regard droit, force violente et confiance aveugle, comme si c'était bon, comme si on avait trouvé l'autre.