Oui on a le temps
On a le temps de s'arrêter, de ne plus se voir, de s'oublier un peu - jamais tout à fait - de recommencer les choses, ou d'y croire, au moins. Le serpent est devenu tigre blanc, même s'il redevient quelque chose comme de la fumée noire quand une bille de fer vient cogner au fond du ventre. Il n'y a pas de temps à perdre quand les yeux s'ouvrent, la vraie lutte est qu'ils se referment souvent bien vite. Ma lutte continue mais elle a pris une autre forme. Elle est devenue plus moi, plus moi comme elle, on se ressemble et on se comprend, et rarement on lutte l'une contre l'autre. Parce qu'il a fallu apprendre le calme, la confiance, et désapprendre les petites folies et le manque. L'un et l'autre sont toujours dans la maison, c'est juste, dit-elle, c'est juste qu'ils mangent à table, avec nous, au lieu de se cacher dans la cave.
Beaucoup de rêves que j'ai fait cette année se passaient dans ma maison d'enfance. Quasiment trois rêves sur quatre, c'est amusant et fascinant, d'une certaine manière j'ai accepté de m'en souvenir, de ne plus les oublier au réveil ou rarement, de ne plus bloquer leur venue dans ma mémoire, en échange je leur ai ouvert les portes de ma maison, et ils y jouent et s'y installent comme chez eux, et ils ont raison, car ils sont chez eux. Je leur donne la forme que je leur souhaite, que je le veuille ou non,ils sont là parce que je les construit petit bout par petit bout. You are a fool, you are a fool, you're stick in me, you're stick in me...