21 septembre 2007

Moi sans toi

modigliani

Le jour a été long et étrange tantôt léger tantôt violent - cela faisait longtemps que je n'avais pas eu de mots à mettre (même esquissés) sur cette impression de me sentir mal

Hier j'étais sereine, hier je suis rentrée joyeusement saoule, douce et absorbante, j'avais envie de te voir, de t'avoir, aux questions est ce que je n'ai pas peur de ne pas t'aimer, est ce que je ne me réfugie pas dans le contentement, est ce que je ne perd pas (ou ne sousestime pas) ma confiance en une relation autre, je souriais intérieurement en marchant au milieu de ma rue et je pensais que non, et je pensais que oui cela me convenait, que oui c'est cela que je désire en ce moment
Même s'il y a les premiers tiraillements que m'infligent la distance, si tôt te laisser loin et longtemps loin de moi, bien sûr j'ai peur, mon corps a connu les amnésies, mon corps peut transformer le tendre en boule gênante et nauséeuse au fond de l'estomac - mais il y a eu ces brèves pensées, et même notre première connection de pensée - et oui je ne désire pas plus aujourd'hui

Pourtant il y a eu des mots cette semaine qui me préoccupent, qui prennent profondément sens, lorsqu'elle m'a parlé de ces deux faces d'une même pièce (l'attachement et la séparation) et que j'ai relié mon incapacité à réagir à certaines situations (que j'ai souvent comparé à l'impuissance masculine, taboue pour les hommes et pourtant aussi douloureuse pour les femmes dans leur propre possibilité d'impuissance - je découvre qu'il peut y avoir impuissance du désir, et pas forcément rejet) - et nous faisions de nouveau écho à la petite fille face au père, au fantôme de la relation platonique et dénué d'un corps de femme (et j'ai envie de me hurler mais prend le, ce corps de femme, prend le putain il est à toi combien de temps encore vas tu le nier) puis elle a utilisé le mot 'infirme' et le mot est venu se cogner à moi, je l'ai senti me chercher et se glisser sous ma peau et j'ai senti qu'il allait revenir, qu'il avait fait sens.
Oui je me sens infirme, je n'avais jamais trouvé l'image, j'avais tenté d'approcher l'idée du manque, l'idée de ne pas être entière, ou adulte, ou femme

Mais je comprends enfin que je me suis toujours pensé dans une infirmité de mon corps, de mon être, de ce que je suis et ai cherché sans cesse à me définir - (et dans ce cas oui, peut être est-ce la raison pour laquelle je sens que ce que je vis et veux vivre à ce moment précis, je ne peux le vivre qu'avec toi, toi seul qui accepterais de me prendre 'anormale') Mais le plus étrange (et malhonnête ou lâche, peut être), c'est que je sens cette impression profonde, et que non seulement je ne peux pas, pour l'instant, la bannir, mais je crois qu'elle me soulage (car aucun mot n'avait exprimé si précisément ce vide)
Mais infirme de quoi?......

Posté par Bleue à 01:49 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Moi sans toi

    ........★

    c'est très fort ce que tu dis...ça me touche beaucoup...

    Posté par juju.k, 06 octobre 2007 à 17:11 | | Répondre
  • Merci à toi pour ces visites épistolaires...

    Posté par Lune, 08 octobre 2007 à 12:11 | | Répondre
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